Terres Ailées de Gonfaron

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Paroles de vignerons – partie 2

Pour célébrer les 100 ans des vignerons de Gonfaron, nous vous proposons d’aller à la rencontre des hommes et des femmes qui font et ont fait vivre la cave coopérative.

Deuxième partie avec nos vignerons Pascale Martin, Benoit Coste et Alexandre Viano. Au programme, le terroir, les évolutions du métier et des vins, ainsi que leur vision de l’avenir.

Quelles sont les caractéristiques du terroir de Gonfaron ?

Alexandre Viano : “Gonfaron présente quatre terroirs bien déterminés : Au nord, les Montauds, des massifs calcaires. Sur la route du Luc nous trouvons les Pélites, des terres rouges. Au centre, les Terrasse de l’Aille, des alluvions modelés par le cours d’eau du même nom. Une partie de la plaine et le pied du massif correspondent au terroir des Maures et font partie de la toute nouvelle DGC Côtes de Provence Notre Dame des Anges.“

Comment définir les vins de Gonfaron et leur évolution au cours du siècle dernier ?

Benoit Coste : “Les vins de la coopérative rentrent bien dans les critères des Côtes de Provence. Ils sont très pâles, aromatiques, légers et complexes en bouche, agréable à boire à l’apéritif ou pendant le repas.“

Pascale Martin : “Au siècle dernier, les vins de coopérative étaient destinés à la consommation locale, aux habitants du village. Aujourd’hui, ils ont progressé en qualité et s’exportent dans le monde entier. Les vignerons travaillent pour atteindre l’excellence. Les nombreuses médailles dans les concours sont la preuve qu’ils plaisent énormément.“ 

Alexandre Viano : “Quand j’étudiais au lycée agricole d’Orange, nous, varois, étions surnommés les “petits rosés de Provence”. Nos vins étaient considérés alors comme bas de gamme, par rapport aux Côtes du Rhône notamment. Maintenant, la qualité est au rendez-vous et la notoriété est très importante. Nous avons franchi un cap et il faut le maintenir.“

Les évolutions du métier de vigneron

Alexandre Viano : “Le passage de la vendange manuelle à la machine a été une véritable révolution.  Malgré des doutes au début, il faut reconnaître que c’est un progrès extraordinaire. Avant, le personnel venait de partout, et même de l’étranger pour les vendanges. La contrepartie, c’est qu’on ne parle pas à une machine ! Nous avons un peu perdu ce côté convivialité, quand tout le monde, toutes classes comprises, se réunissait. Heureusement, cet esprit se retrouve dans la coopérative. J’ajouterais que le rosé étant un vin sensible, nous devons être beaucoup plus rigoureux dans notre travail.“

Benoit Coste :“Même si la mécanisation nous a beaucoup aidés, la plus grande évolution est à mon sens sur le plan environnemental. Quand je me suis installé, l’objectif était surtout la production. Nous étions concentrés uniquement sur la vigne. Aujourd’hui, notamment grâce à la norme HVE, nous nous appuyons sur la nature pour produire du raisin de qualité.“

Pascale Martin : “Le métier a énormément évolué : l’environnement est au centre de nos préoccupations, ce qui a profondément modifié nos techniques de travail. Les vignerons sont également plus ambitieux qu’avant pour tendre vers un produit d’excellence qui n’a rien à envier aux domaines et aux caves particulières.“

Un mot sur l’avenir ?

Benoit Coste :“Le principal défi à venir pour la profession sera de s’adapter au changement climatique. Il faudra expérimenter, inventer des techniques alternatives, s’appuyer sur la nature, voir comment elle réagit. Les solutions seront trouvées collectivement au sein de la coopérative, pour continuer à exprimer les différents terroirs et produire des vins de qualité.“

Alexandre Viano : “Avec la notoriété du vin, le métier a beaucoup changé. A l’heure actuelle, nous vivons bien de notre métier, ce qui n’était pas toujours le cas pour nos aïeux, avec les crises viticoles et les difficultés pour vendre. La coopération a encore un avenir certain, puisqu’elle continue à se développer dans le monde entier et qu’elle est un exemple inspirant de réussite. Elle sera une opportunité pour les générations futures !“

Pascale Martin : “La coopérative de Gonfaron fête ses 100 ans : c’est vraiment admirable, la preuve que l’union fait la force. Aujourd’hui, les vins frisent l’excellence, et nous allons continuer à travailler pour progresser, pour écrire petit à petit les nouvelles pages de son histoire dans les années à venir.“

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